Le Dernier Échelon (nouvelle complète)

“Facing it — always facing it — that’s the way to get
through.”
in Typhon, Joseph Conrad.


Bordeaux : Les habitudes du mardi matin, au creux du froid de janvier. Les travailleurs vont et viennent sur les avenues quand quelques autres rompent la file. Ils rejoignent l’hôpital et son dépositoire, bâtiment sans étage, relégué au milieu des grands arbres. Caché sous leurs frondaisons. Les pins nous regardent passer sans bruit, les branches hautes frémissent, la cime tangue, indifférents aux sidérés face au corps mort. N’y a-t-il donc que cette peau engoncée dans le couffin ? La mère est morte et c’est à la cadette de porter la couronne matriarcale tandis que le fils benjamin se tient les bras ballants et que l’aîné serre les poings, comme il l’a toujours fait. L’articulation de sa mâchoire est vissée à l’écrou. Et pourtant. Tu te demandes s’il va survivre à son absence. La sienne, d’absence : l’année qui a vu le déclin final de la morte, jusqu’à ce que les dents tombent et que la colonne soit détruite sous l’effet des multiples fissures créées par les métastases au cœur des vertèbres. L’absence du fils aîné dans le refus de la déchéance physique de la mère. Ce premier fils, carcasse charpentée sur son banc minuscule, la grande bouche, le mauvais convive, la brute enfermée dans son rôle
de brute, les pognes rouges aux oreilles, tête baissée ; son épouse, ci-devant accroupie, les mains fines sur ses genoux à lui, couronnée elle aussi, désormais. Il a perdu sa mère, elle gagne sa place et atteint le dernier échelon.

Ce matin-là, il eût fallu une flasque d’alcool dans le très chic sac à main. Tu mets tous les jours le bracelet en poil d’éléphants qu’elle t’avait offert, enfant. Toute la magie de la matière lointaine et l’espérance que le pachyderme vivrait toujours. Aujourd’hui, il te gêne au
poignet. L’alcool, oui, pour que coulent les rivières intérieures, que tu ne te perces pas telle une outre en peau de bique ou une cornemuse abandonnée dans un inélégant son de fuite en avant. Exposer une peine digne et ne pas dérober à la lumière celle des enfants et du mari veuf.
Est-ce que les demis-frères et sœurs se présenteraient à la porte de l’église ? Tu t’en foutais. Les autres et toi fîtes preuve de soutènement, comme ces tubes de chantier qui évitent aux structures de s’écrouler avant restauration. Une église ou un hangar ? Qu’est-ce qui t’a pris de
te poser cette question à l’arrivée ? Se gare le fourgon funéraire et tu tournes au coin de la rue, viens garer à ton tour la voiture face à l’entrée. Église ou hangar. Tu ne sais pas vraiment, juges ce bâtiment censé rendre les honneurs aux chrétiens. Il ne ressemble à rien. Décidément, tu aurais bien voulu boire un peu mais tu n’as rien d’autre que tes pastilles à la nicotine. Deux
d’un coup, une pour chaque joue et la menthe pique un peu, ça fait briller tes yeux. Parce que tu ne vas pas sortir de la voiture pour t’allumer cette bonne petite clope que la famille t’arracherait du bec. Il fait froid, le sang est bleu dans tes mains, alors les jointures que
tu serres sur le volant sont quasi-noires et l’église est un hangar. Entre Saint-Nicolas-du-Chardonnet et la bâtisse œcuménique existe un juste milieu. Une petite église au sol de tomettes et aux murs chaulés creusés de quelques niches sobres, des bancs de bois noirs et un
retable magnifique. Mais non, quatre murs crépis jaune poussin, un gros volume à courants d’air, la charpente laissée visible, un autel en béton, une croix immense et un Christ lourdement clouté. Le genre d’église nouvelle où tu ne peux même plus te perdre dans la vision des
beautés mystiques tandis que l’officiant te fustige de paroles divines. Enterrer ta tante, c’est ramasser la terre du cimetière et la manger. Alors, autant procéder à l’inhumation sans subir cette cérémonie qui va t’expliquer comme la bouchée calcaire sera goûtue. Ton père tape au carreau et indique du doigt qu’il faut sortir saluer la famille. Même là. Tu croques le résidu
des pastilles, coiffes la casquette, ajustes les lunettes de soleil, enfiles les gants. Le verre des lunettes est fumé, tes yeux sont visibles et tu peux les garder.
— Bonjour, comment vas-tu ? Quelle tristesse.


Des sourires, de la retenue, des grappes, des inconnus de même sang. Tu fais le tour de tous car tu aimais la morte. Économe en paroles car la dépouille est dans le fourgon que tu surveilles d’un œil. Tu commences à tout fermer, vider les ballasts et entamer la plongée.
Présente sans l’être. Encore. Pour de vrai cette fois.
C’est ton tour. Les officiants placent les tréteaux. La cérémonie va débuter. Le prêtre apparaît sur le parvis. Il est africain et tout le monde le remarque comme dans un traçage génétique du Bordelais ancien négrier.
Merde. La cérémonie va débuter.

— Je suis le père Dieudonné et c’est ensemble que nous allons prier pour notre sœur.
Et c’est ensemble que tu t’es mise à fuir des yeux puis du nez, écœurée par le burlesque de la tournure des événements. Ce que les hommes font eux-mêmes de Dieu t’ennuie. Éviter pour elle la grossièreté du « te fais chier », parce qu’elle n’aimait pas les grossièretés.
Quand elle te recevait, tu parlais correctement. Pour elle tu parlais correctement quand elle te recevait. Certainement que cela lui aurait sauvé quelques années de s’ouvrir au pouvoir de dire « Merde ! » et de faire, ensuite.
Dans la bouche des spécialistes, une longue agonie monte la répétition générale, une sorte de deuil prémâché, un appel aux larmes en avant-première, qui permet de voir arriver l’instant comme un soulagement. Cela su, le cadavre peut partir dans les mécanismes de digestion qui l’amèneront jusqu’à la terre, deuxième panse digestive, la troisième étant le cœur des hommes.
Mais chaque jour qui ponctua sa dernière hospitalisation entretint l’illusion qu’elle vaincrait. Comment pouvait-elle mourir ? Elle avait toujours été disponible. Et bâtie comme une éléphante. Tenir jusqu’au retour à l’appartement familial, l’utérus de l’utérus.
Comment y retourner à présent ? Tu as une belle caisse de location, avec un beau volume de l’habitacle intérieur. En rabattant les deux sièges à ta droite, tu pourrais demander aux porteurs de glisser le cercueil dans le dégagement et, hue Dada, tu la ramènes chez elle. Mais non. Toi seule, y inspecter les pièces et intégrer l’absence, ouvrir son placard noir, reculer de trois
pas et absorber les piles de vêtements, désirer sentir et ressentir, reculer encore, ne rien toucher afin de ne pas gâter la mémoire. Partir avant d’entrer dans la cuisine,
dans un geste, dans un virage, comme tu quittas le
reposoir au petit matin.
Avant de voir, le doute reste de mise. Saint Thomas ne priera pas pour toi. Tu pénètres dans la zone de l’hôpital dévolue à la gestion énergétique de l’ensemble. Tu n’as pas choisi car tu as suivi le panneau Funerarium et tu te gares face à l’immense ventre de tubulures d’acier sur
lequel règne une haute cheminée, une cheminée d’où sort la fumée de combustions inconnues et derrière toi, le dépositoire. Dépositoire-suppositoire.
— Tellement absurde, te dis-tu en posant ta bottine de cuir fin sur le goudron grumeleux.
Pour ça, oui, tu voulais être parfaite. Une lubie qui t’a coûté bonbon alors même que tu savais qu’elle ne vivait plus. Être parfaite et calfeutrer l’être des bottines à la tête. Que rien n’émane de ton corps tout en faisant que rien n’y entre, un mur entre le chagrin commun et les révoltes individuelles. Ne pas réaliser donc. Pas encore. Et franchir la distance jusqu’à la porte d’entrée
derrière laquelle se massent les plus proches. Il faut avouer que l’exercice d’apnée débuta bien là. Tu passais ensuite les trois heures à happer l’air comme si des branchies s’étaient lovées en lieu et place des ganglions de ta gorge. Tu souris à ta cousine, l’embrasses et fais semblant de prendre sa peine. Tu prends sur toi, déjà.

Un mot à chacun et s’asseoir pour inspirer sans prêter attention. Ta mère fait signe d’entrer avec elle dans la pièce réservée à l’exposition du cadavre, avec son air autoritaire et ses lèvres pincées. Pitié pour elle ce jour, figure à mettre sur le compte de la tristesse. Trop tôt.
C’est non d’un regard, en corps immobile, ancré au plus intime de la chaise, tortue. Demeurer posée et imaginer l’ampleur de la coulée de plomb que tu vas avaler et qui marquera. Tu portes la casquette gavroche grise à petits pois dorés, si petits qu’ils se perdent dans la trame du tissu. Il fallait obstruer la sortie supérieure. Ressembler au capitaine McWhirr menant son vapeur
au travers du typhon sans ciller et parler, monologue de lui vers toi. Toutes les réponses ne sont pas dans les livres, le courage non plus. Voilà pourquoi tu dois entrer et regarder le corps sans âme de celle qui fut ta tante, le substitut maternel, la cuisinière à forte poitrine et à franches rigolades, le caractère égal et joyeux, le molleton des chagrins. Tu y pensais sans arrêt sur ton île, en te serinant qu’il fallait appeler, appeler, venir la voir. Les jours passent et à la trentaine
il faut consolider sa propre existence. Le temps est compté pour chacun. Tu regrettes.
Les parents sortent et ta mère pleure. Tu regrettes.
L’oncle veuf et sa sœur, ton cousin benjamin se lèvent. Suivre et s’engouffrer derrière. Regarder ses bottines puis lever la tête. Tu ne cherches pas à fixer le point que tu crains et tu survoles la pièce dans un évitement soigneux de son centre. Le mur qui fait face à la porte s’ouvre en hauteur en une longue baie rectangulaire de petite largeur. Janvier, 9 heures du matin, le ciel blanc et la découpe noire des silhouettes de pins landais. Tu fixes et tu relâches. Le regard descend et distingue le couvercle du cercueil posé le long du mur à la parallèle
des arbres. La plaque en laiton gravée arrête la divagation. Elle est mal ouvragée car définitive.
Tu le vois, le corps de ta tante est là. Ferme bien ta bouche et regarde. La tête dépasse à peine du cercueil, légèrement inclinée sur la droite. Que dis-tu ? Oh mon dieu ? Putain, ce serait mieux. Ça existe. La coulée de plomb s’ouvre le chemin et la lutte contre les larmes du gros chagrin est perdue. Rester digne pour soi et sa famille. Bien sûr, la solution étant de s’enfoncer
dans son col haut et d’orienter un peu la tête vers elle pour l’avoir dans le champ. La voir morte. Elle a de la moustache et personne ne la lui a ôtée. Est-ce possible d’ailleurs ? Tu ne le sais pas.
— Elle est calme. On dirait qu’elle dort et qu’elle va se réveiller, marmonne ton oncle.
C’est ça tonton, compte là-dessus et bois de l’eau bénite.
Il n’y a plus rien à envisager que la dégradation des chairs dans un couffin blanc cassé. L’employé des pompes funèbres entre et parle de sa voix mécaniquement professionnelle. Il nous informe que la fermeture du cercueil aura lieu dans une dizaine de minutes. Un temps de pause, tu te noies un peu bruyamment. Il ajoute que les personnes préférant ne pas y assister
seront invitées à sortir.
Merci.

Le reste de la famille entre à sa suite et ta mère se place à ton côté, te propose un mouchoir que tu prends. Effarée, tu scrutes le visage. Dans ta peine, ton syndrome de noyade s’amplifie. Vue la taille de ton nez, il y aurait moyen d’évacuer la zone ORL. Mais tu n’as jamais su expulser en silence alors tu éponges ce qui sort et attends d’être seule pour la suite. De cette réflexion, en deux secondes, tu te rends compte que dans ta vie, tu as toujours réglé les conflits de cette
manière, en épongeant, patientant pour expulser seule. Va peut-être falloir que tu apprennes à prononcer le mot Merde tout fort pour éviter de te retrouver à 63 ans coincée entre quatre planches. Essorer l’éponge pleine de merde. Tu décides de ne pas assister à la fermeture.
À moins que ce ne soit la fermeture qui décide pour toi. Sortir avant que l’officiant ne revienne, se lever et la regarder une dernière fois. Fixer l’image avant de rejoindre la salle d’attente. Tu refuses la clôture définitive du cercueil ? Alors ne surtout pas entendre les bruits de la visserie consciencieusement dressée sur une petite table. Premiers tours de vis, le crouicroui et tu quittes le bâtiment. Fermer la porte d’entrée derrière toi, faire face à la cheminée de l’incinérateur.
Tu te détournas à la vision du corbillard ouvert dans l’attente de la dépouille et ce fut le début de l’enfilade de pastilles N.
Durant le trajet entre le dépositoire et l’église, tu oublias le crouicroui des vis en fredonnant Heureux qui comme Ulysse.
Tu es rétive à la liturgie, ce qui n’est pas un bien en toute chose. Suivant la bénédiction du père Dieudonné sur le parvis, les officiants soulèvent le cercueil et tu sens en ton corps que c’est lourd. Elle avait tout son poids dans sa poitrine et son cancer généralisé. Et le cœur alourdi aussi, au fur et à mesure des jours durant lesquels la souffrance devenait insupportable. Le cœur alourdi par les regrets, la pauvreté, le cœur crucifié au savoir de la mort proche, la mort dans la souffrance.

L’entrée dans l’église est une épreuve. La très longue travée centrale mène à la croix noire et tu cherches la sainte Vierge consolatrice sans la trouver. On ne peut pas se dissimuler dans son intérieur et tout percevoir de l’extérieur. Les familles se répartissent sans hasard de chaque côté de la travée et ta mère t’enjoint de venir à ses côtés au premier rang.
— Il y a plein de fleurs fraîches. Elle aimait les fleurs fraîches.
Fraîche. L’adjectif emplit sa bouche et tu lui réponds d’un hochement de tête. Les fleurs fraîches, c’était avant qu’il fallait les offrir. Aujourd’hui, qui consolent-elles, la galerie mise à part ? Une bien belle jambe que ça lui fait. Un mouvement de recul à l’examen du positionnement de chaque élément : le curé, la famille, le cierge pascal et au centre, l’invitée du jour, la morte. Les pieds devant. Ta tante est entrée dans l’église les pieds devant. Les pieds devant. Et toute l’expression s’enrobe d’une chair nouvelle. La sienne. Tu n’écoutes plus le curé depuis qu’il a expliqué que toute cette vie d’ici-bas se fait, se subit pour conquérir celle à laquelle « notre sœur accède en ce jour ». Béni, heureusement qu’il n’a pas ajouté l’adjectif.
Cela aurait pu être pire. L’incinérateur pour elle et tu ne t’y serais pas rendue. Ceux qui pensent le corps christophore de l’âme vivent les cérémonies dans le refus et la révolte comprimés. L’incinérateur et la négation de la nature. Le néant. La poussière essuyée d’un revers.
Tu pensais te connaître, surtout ton petit sourire dépité, le calibre moyen que tu ne peux retenir en cas de malheur, celui que tu arbores sans savoir comment et tu te hais quand il arrive. Ne sachant trop quoi répondre aux pleurs, tu souris. Un problème puisque les paroles ne franchissent pas le palais quand les autres attendent le témoignage langagier de ton affection.
Mais non, tu souris car cette science t’est inconnue. De toute façon, tu n’es pas scientifique. À aucun moment les zygomatiques ont travaillé, à l’équilibre crispé dans ce sourire calibre moyen. Se rendre étanche, c’est aussi ça. Rien n’entre, rien ne sort. Bouche fermée, mi-sourire.
Bras croisés et genoux cagneux au froid, ce nœud serré des jambes liées depuis les talons jusqu’aux cuisses.

Une petite corneille perchée sur du marbre de cimetière d’hiver, la tête sous une aile. Le corbillard passe dans le cimetière et s’arrête dans l’allée jouxtant les deux tas de terre excavée, deux monticules comme deux points : n’allez pas plus loin pour l’homoncule, le trou est là.
C’est long, que c’est long, cela ne peut être plus court, ce serait indécent, c’est quoi l’indécence? Mais que c’est long à enterrer, un corps, un corps malade, un corps qui pourrira à la vitesse des prescriptions qui l’ont farci sans le garder vif. Il gèle à pierre fendre comme dirait ta grand-mère. Elle n’est pas venue. Grand-père non plus.

Tes jambes se pétrifient et tu la visualises dans son couffin, moustache post-mortem et dessins des petits-enfants, elle se pétrifiera aussi et pourrira au printemps, témoin mobile du retour des chaleurs avec la percée des fluides et l’entrée des larves. Comment est-ce possible à ce propos? Bien sûr que non, elle ne sera pas parasitée puisque le cercueil est vissé fort.
Les crouicrouicrouicrouicrouicroui remplacés par le chuintement sec de la pelle qui s’enfonce dans la terre pour recouvrir l’entrée souterraine du caveau.
C’est terminé. Tu n’as pas jeté la rose dans le trou.
Déjà les autres s’éparpillent. Le mari veuf, sa fille et le benjamin, ta mère et toi, scrutez les gestes du fossoyeur. Tu le trouves pas mal, point de vue esthétique. Il a une déformation dorsale, une déformation professionnelle. Le dos s’arrondit bien trop quand il creuse. Combien
d’enterrements à travailler tandis que ça renifle dans son dos ? Faut que ça glisse. Le travail est assez pénible comme cela. Le dos rond. Vous restez sur place jusqu’à la dernière motte de terre. Le gel remonte par les os jusqu’au crâne et dessoude ta fontanelle.
Dire au revoir.
L’aîné des cousins a fui avant que la pierre n’avale le cercueil. C’est à ce moment-là que sa femme a posé une main sur ton épaule, se penchant à ton oreille bleue.
— Je sais comme tu l’aimais. Désormais, en cas de besoin, tu viens quand tu veux chez nous.
Sans rire.
Rentrer à la voiture, ôter les bottines, fouiller dans la valise pour une paire de chaussettes épaisses, enfiler les bottes de cuir gros grain. Rejoindre le restaurant où quelques parents se réchauffent, physiquement, autour d’un verre de champagne et d’une « garbure et
son confit ». Sourire petit calibre. Tu bois comme un trou mais ne manges rien. L’aéroport. Rendre la voiture en s’exprimant le moins possible. Rentrer chez soi en ayant déjà oublié les paroles du dernier échelon.

(c) Marie Van Moere 2015, avec l’aimable autorisation des éditions Antidata

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