Archives de catégorie : Le Gun : réflexions

Labo personnel.

ACTION RÉACTION

ACTION RÉACTION, comme on dit à l’armée. Vu que je pérennise les publications d’articles courts à propos de livres d’autrices cette année , j’ai fait de la place à droite pour accueillir plein de nouveaux ouvrages. J’inverse le ratio, j’ai gardé juste quelques gars et des filles que je n’ai pas encore lus. Les autres sont retournés dans les cartons de mon déménagement, ceux que je veux garder proches sont dans les caisses sous la stéréo.

Je finis l’avant-dernier de Jean Echenoz et j’entame Gran Madam’s d’Anne Bourrel.

La prochaine publication sera à propos de Sauvage de Jamey Bradbury.

Dans un rythme à la coule car il y a aussi numéro trois qui avance pas mal mais tant que ce n’est pas fini, tant que ce n’est pas nommé, ça n’existe pas.

Des filles, des filles, des filles !

J’ai décidé pour 2020 tintin de … de … DE CONTINUER ET DE NE CHRONIQUER QUE DES AUTRICES,

tout en écrivant perso (évidemment).

Ce qui ne signifie aucunement que je serai tendre quand un roman est mauvais.

Ce qui ne signifie pas non plus que je vais arrêter de lire nos camarades masculins mais je n’en parlerai pas ici, ils trouveront largement assez de place ailleurs.

Katrina Del Mar

LES ECRIVAINES

(celles que j’ai lues dans un désordre mémoriel)

Laura Kasischke, Caroline QUINE, Jeanne BOURRIN, Maryse CONDÉ, JK ROWLING, Mary HIGGINS CLARK, Jamey BRADBURY, Jean HEGLAND, Toni MORRISON, Susan SONTAG, Emily ST JOHN MANDEL, Agatha CHRISTIE, Patricia CORNWELL, Elizabeth GEORGE, Patricia HIGHSMITH, Flannery O’CONNOR, Marguerite DURAS, Hannah ARENDT, Fred VARGAS, Isabelle DESESQUELLES, Louise CHENNEVIèRE, Madame de LAFAYETTE, la comtesse de SéGUR, Elfriede JELINEK, Virginie DESPENTES, Claude GAUVARD, Elsa MARPEAU, Anouk LANGANEY, Dominique MEMMI, Anne RICE, Tara LENNART, Roxane GAY, Chloé DELAUME, Annie ERNAUX, Kerry HUDSON, Halina POSWIATOVSKA, Anne SEXTON, Sabine HUYNH, Mary SHELLEY, Annie PROULX, Edna O’BRIEN, Martha GELLHORN, Catherine POULAIN, Martha GRIMES, Paméla RAMOS, Catherine YSMAL, Sylvia PLATH, Cynthia ATKINS, Carole ZALBERG, PD JAMES, Zadie SMITH, Amandine DHéE, Laurence BIBERFELD, Amélie NOTHOMB, Brigitte AUBERT, Marie DARRIEUSSECQ, Christine ANGOT, Cécile COULON, Megan ABBOTT, Sandrine COLLETTE, Gillian FLYNN, Gabrielle WITTKOP, Bonnie Jo CAMPBELL, Anne BOURREL, Dorothea BRANDE, Françoise SAGAN, Elena FERRANTE, Sarah KANE, Lorie MOORE, Virgina WOOLF, Helen ZAHAVI, Joyce Carol OATES, Djuna BARNES, Simone WEIL, Dominique AURY, Simone de BEAUVOIR

Dans cette liste à première vue pusillanime, il en manque, des écrivaines, celles que j’ai oubliées aujourd’hui et celles que je n’ai pas encore lues (dont beaucoup sembleraient incontournables mais la lecture de romans est un processus personnel d’accompagnement, de soutien ou d’étapes). Certains de leurs livres ont atterri contre un mur, quelques-uns ont changé réellement ma vie quand un seul livre d’homme a produit une modification consciente chez moi. Pourtant, si je devais faire une liste des écrivains, elle serait évidemment plus longue, n’est-ce-pas ?

Un commentaire en conclusion : le principe de littérature est accordé aux écrivains en amont de leur œuvre, aux écrivaines très rarement (sag niemals nie…) ou bien après l’aval (de serpents gros comme leur poing).

Et un exemple sibyllin (parce que c’est assez difficile comme ça) : j’ai vu passer un jour une publication sur un réseau d’une huile du monde du livre qui encensait un écrivain (que j’aime lire) décédé environ une année plus tôt, évoquant ses écrits sans fard sur le problème des races et des communautés aux Etats-Unis, indiquant qu’il était LE grand écrivain (au sens universel des genres) de ces thèmes. C’était dit sans arrière-pensée, sans méchanceté aucune, de la manière la plus naturelle du monde. Sauf que quelques mois plus tôt, Toni Morrison aussi nous avait quittés. J’en ai eu des larmes de rage.

« Quelle place a le corps dans votre écriture ? Quelles œuvres autour du corps vous ont marqué(e) ? »

POUR L’INDIC 37 mai 2019

Ma vie tourne autour du sens que je donne à mon corps et à celui des autres. Il est très intimement lié à l’esprit ainsi qu’au pont qui me mène ou non à l’autre au-dessus des gouffres inexistentiels. Je crois très sincèrement à une adéquation biologique des couples d’amants, par exemple. Ne vous est-il jamais arrivé de savoir que vous pourriez vous coller à la personne d’à côté et ressentir une plénitude intense du corps et de l’esprit ? Si ce n’est pas le cas je vous le souhaite. Il y a la plénitude physique du sexe pur, et l’ampleur incalculable du sexe amoureux. L’inverse se vérifie aussi. Certains corps passent la moitié de leur vie avec un autre corps alors que les deux se repoussent comme les bornes négatives d’un aimant. C’est un mystère, l’esprit humain demeure un mystère protégé au creux de ce temple qu’est le corps. Et cela me fascine complètement, m’interroge, et je le traduis dans les comportements des personnages de mes histoires. Le corps est un temple évolutif, toujours beau sauf quand son esprit souffre. Il faut donc qu’il soit à notre goût au risque de s’acharner à détruire son image naturelle avant l’heure.Le corps en tant que temple joue aussi le rôle d’une prison de l’esprit et des capacités physiques. Il noie les limites du plaisir et de la jouissance dans la souffrance et la mort et je répondrai donc que l’œuvre qui m’a le plus marquée est celle de Sade. Je n’avais pas plus de 20 ans et j’en avais déjà lu, vu et vécu des expériences liées au corps. Quels livres ? Je ne m’en souviens plus. Ce dont je me souviens en revanche c’est la destruction systématisée du temple corporel et sa dissolution dans la souffrance, le lien ténu entre soumission, destruction, plaisir et jouissance, lien qui m’est toujours étranger. Aujourd’hui, j’ai compris le génie de cette destruction du corps comme la souillure d’un temple soumis à un dieu, en lien avec la pensée des libertins et toute la pensée sadienne a participé à l’émancipation sexuelle des hommes et des femmes. Je ne supporte pas les rapports de domination quand ils ne sont pas mis en scène et je ne me libère pas de mon corps en le détruisant, ce qui est fondamental dans Petite Louve. Cette prison physique à dépasser me travaille et traverse les personnages de tous mes textes. Le handicap moteur apparaît dans deux nouvelles (Buckaroo et Supasta) et dans mon dernier roman, Mauvais Œil. Le contrôle de leur corps anime mes héros, et la possession de leur sexe (genre et plaisir) aussi.

Kim Kardashian en Mugler au Met Gala 2019

Une dernière remarque, en lien avec la question artistique de mon rapport au corps, l’esthétique du corps féminin évolue, se diversifie, et Kim Kardashian l’a bien saisi (cette évolution). Elle amplifie son temple, elle fait du tuning du corps féminin, poitrine puissante, taille fine, hanche ronde, bouche confortable. Elle reconstruit le corps archétypal des origines et l’envisage comme une entreprise matriarcale. Esthétiquement, elle se rapproche de plus en plus des vénus paléolithiques avec la différence notable que la bonne santé du corps ne passe plus par un ventre très marqué. Le corps du personnage sort de l’œuvre pour trouver une place dans la réalité.

Reste l’essentiel

Passent les jours, reste l’essentiel,
et les passeurs,
dans le coeur des radicaux aux mains vides.

MVM

(source photo John Jeffreys )

L’analyse de nos fautes dans le cigare tordu de Lacan

J’ai beau écrire tous les jours, à certains moments, mon cerveau fatigué me trahit. Et il me feinte la plupart du temps en trois points précis, dans l’ordre décroissant de la fréquence de la trahison : Continuer la lecture de L’analyse de nos fautes dans le cigare tordu de Lacan

Nick Cave dans le train de mes nuits

J’ai rêvé que je rencontrais Nick Cave dans un train de nuit. Le monde dormait et le train menait en douceur sa course du temps dans l’obscurité.

Bien entendu, Nick Cave est parfaitement mis dans un costume ajusté noir couleur du gouffre béant Continuer la lecture de Nick Cave dans le train de mes nuits

Regarde Sam Shepard

Il n’y a pas d’âge pour être vieux.
Mais tu peux aussi choisir le printemps.
Regarde Sam Shepard,
tu es plus grise que lui.
Même pieds nus sur la route,
tu es plus grise que lui.
Tu prends trop de sentiers détournés,
parce que c’est difficile la ligne droite,
la simple
la directe,
la toute plate.
C’est difficile.
C’est ennuyeux.
Tes pieds veulent l’herbe, la pierre chaude et la rivière.
Tout le temps.
Prend la route, souffle la tête.
L’heure est à la route.
Au matin de la chute du corps,
Tu n’auras pas tout l’univers dans ton sac.

MVM

(crédit photo ?)

Faire tanière

Rester cachée, faire tanière, hiberner, survivre.
Puis,
Construire un radeau de feuilles et branchettes,
Le poser sur la rigole et
Souffler, délicatesse, exhaler,
Comme la mère expire en brise légère
Au front de l’enfant malade.

MVM

(Rescue Dawn, Werner Herzog)

« There will be no order, only chaos. » (Paranoïa des rêves II)

images-2
La chose, là, tout dedans,
Elle t’observe, elle se régale.
La fuite inutile. Tu la portes.
Elle te gobe, enfouie dans ton âme.
Sens-la.
Elle te vide.
Te trie.
Te dépèce.
T’avale.
T’anéantir.
La mort dans l’âme.

MVM

(Pi, citation et photo)