Archives mensuelles : juin 2020

L’écriture du chaos-notes explosées du seize juin 2020

depuis longtemps je tourne autour sans n’y jamais plonger qu’un doigt et encore que très récemment c’était fin mai pour un texte court et j’ai tellement aimé écrire cette nouvelle (qui pour l’instant prend demeure dans mon cloud)

avant la crise covid19 – est-ce terminé- je travaillais un trio dont un personnage de romancier spécialisé dans le postapo/c’était un homme quadragénaire dont j’avais décidé de ne pas faire un passionné un passionné doit avoir peur de manquer et nous les femmes avons plus peur de manquer que les hommes parce que nous recevons moins depuis le temps des grottes/ ça change et il faut l’inculquer à nos filles

c’est peut-être pour ça que le vieux monde tremble parce que celles et ceux qui n’ont jamais reçu auxquels on a toujours pris sur lesquels on s’est servi, ces celles et ceux-là n’acceptent plus ou refusent de se faire complices alors le vieux monde tente une dernière embardée pour nous faire croire qu’on va tous mourir si on bouge un peu plus/en revanche ce personnage de romancier quadragénaire spécialisé (donc) dans le postapo s’occupait de son bébé garçon et faisait face à la difficulté d’écrire dans ces conditions d’occupation mentale/ mise en abîme des textes ou films postapo dans lesquels assez souvent les femmes sont démissionnaires de leurs responsabilités du maintien de la vie ou du moins n’arrivent à rien sans les hommes/mon rapport à ce personnage masculin est ambivalent mais en faire un sale con aurait été par trop facile

La constellation du chien de Peter Heller, un beau roman complémentaire homme femme/Dans la forêt de Jean Hegland raconte la vie de deux sœurs lors d’une transition apocalyptique (faut vraiment que je fasse une note sur ce livre)/ bref pour le reste la masculinisation de l’apocalypse est encore un moyen de garder un peu ce qu’on pourrait perdre si le monde changeait

et sans aller jusqu’à penser la fin on peut imaginer vivre un changement d’ère et tirer de la fiction écrite une vérité pour l’après/parce que l’humain depuis le temps des grottes équilibre ses frustrations par l’art et ce n’est pas l’art qui produira concrètement la farine mais c’est l’art qui nous offre la conscience collective de la beauté, et il faut détruire pour créer/bref avec le personnage de romancier postapo je draguais le chaos en eaux métatextuelles et il est fort possible que ce soit une stratégie de l’évitement alors que les révolutions sont en moi

je les regarde trop sans y participer-malédiction du présente sans l’être- et la seule façon d’entrer dans ces masses en mouvement est de les écrire/et sinon tu trouveras plein de photos du maître Kubrick sur le site Getty et tu as le droit d’utiliser ces images gratuitement sur un site web sans visée financière

American director and producer Stanley Kubrick on the set of his film, The Shining. (Photo by Murray Close/Sygma/Sygma via Getty Images)

MÈRE D’INVENTION, Clara Dupuis-Morency, 2020

Ce 19 juin, aux éditions de La Contre Allée, paraîtra Mère d’Invention, premier roman de Clara Dupuis-Morency. Née à Québec en 1986, l’autrice, docteure en littérature comparée, se lance dans un récit en deux parties où se mêlent les fils créatifs de la non-fiction autour de son avortement dans une clinique berlinoise, de la naissance de deux jumelles l’année suivante, et de l’engendrement de sa thèse, des romans en général. Avec dureté et aussi une grande intelligence, Clara Dupuis-Morency interroge les processus de création dans un premier livre-créature d’une grande originalité. Si elle se remet en question, il ne faudrait surtout pas s’y tromper et voir dans Mère d’Invention une simple autofiction.  En interrogeant les maternités de toutes sortes, dont seules les femmes sont dépositaires, l’autrice creuse en outre la question du genre autofictif. Je conclurai en saluant son écriture tout à fait innovante et fluide, empruntant différents rythmes sans jamais casser la narration. Les éditions de la Contre Allée nous offrent le premier roman d’une autrice ambitieuse qui repousse les limites du questionnement des femmes sur elles-mêmes, le plaçant à un beau niveau de réflexion, d’esprit et de littérature. On se réjouira également  une nouvelle fois de la qualité de l’objet livre.