Warlord of Mars : un mois en résidence

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Vendredi, je quitte Ajaccio pour rejoindre la résidence d’écrivains De Pure Fiction (créée par Isabelle Desesquelles et subventionnée par le CRL LRMP). Je la connais bien cette maison, je l’ai découverte au mois de septembre jusque dans ses secrets nocturnes. La nuit est profonde là-bas. La maison est au cœur du triangle noir du Quercy. Le lever du jour signifie bien l’éveil et le retour à la vie de la nature. Seule au monde. C’est bien l’effet que ce lieu a eu sur moi et je me suis sentie plongée dans la zone où tout est possible. Tout aurait pu l’être mais c’était la première fois depuis bien longtemps que je passais un mois coupée du monde. Il a fallu arracher les oripeaux sociaux et je ne suis pas parvenue à m’en débarrasser absolument. L’absolu, c’est la dead zone, ce n’est bien sûr pas là qu’il faut se rendre dans la réalité mais c’est la seule zone possible dans ma démarche littéraire. Malgré le dépiautage incomplet, le débroussaillage ardu à la machette, j’ai retrouvé le chemin vers la zone et je ne m’en suis éloignée que très peu depuis lors.

S’enfoncer dans cette dead zone relève d’une difficulté que la société qui nous entoure de gré ou de force au quotidien ne comprend pas. Cette société, surtout celle qui ne lit ni n’écrit, ne te comprend qu’une fois que tu es annoncée best-seller (si, si – vivez en dehors du milieu littéraire et vous verrez). Dans le fond, on s’en fout des regards en biais, on continue quand même. Je sais que je suis une freak, ça ne changera pas et ça commence à me plaire pour de bon. Quant aux lecteurs, il y a un juste équilibre à trouver entre écrire pour soi et écrire un livre aussi pour eux. Bien sûr que j’écris pour être lue, ne soyons pas faux-derche. Et le lecteur qui achète ton livre paie le libraire, le distributeur, l’éditeur et toi. D’ailleurs, l’auteur et l’agriculteur perçoivent environ le même pourcentage de revenu sur leur « production » qui les fait se coucher et se lever chaque jour.  Je ne suis pas en train de cracher dans la soupe car j’ai la grande chance de travailler avec de formidables éditeurs (La Manufacture de Livres, Pocket, Antidata, E-fractions et la Série Noire pour le roman en cours), j’énonce un état de fait.

Mais revenons à nos moutons (burp), j’écris aussi pour sortir quelque chose de moi que je ne sais pas.

Pour cela, il faut atteindre cette dead zone de l’écriture fictionnelle sans que quiconque tente de vous absorber par tous les moyens dans la dead zone de la réalité.

L’écrivain n’est pas condamné à la solitude. Il vit avec ses livres et ses personnages.

MVM

 

 

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