Faire tanière

Rester cachée, faire tanière, hiberner, survivre.
Puis,
Construire un radeau de feuilles et branchettes,
Le poser sur la rigole et
Souffler, délicatesse, exhaler,
Comme la mère expire en brise légère
Au front de l’enfant malade.

MVM

(Rescue Dawn, Werner Herzog)

Quand Maurice Szafran se renverse le café sur la braguette.

— Sur les propos de Maurice Szafran à propos des femmes dans les bars en Corse —
(Faites passer, siouplé.)

Je ne suis pas Corse, je réside en Corse depuis tellement longtemps que j’ai oublié qui j’étais avant.
La Corse est une société pleine de contradictions, très patriarcale et très matriarcale. Les deux.
Hier Maurice Szafran a expliqué sans se voir opposer aucune contradiction que les femmes, en Corse, étaient mal accueillies dans les cafés, comme dans le 93. Continuer la lecture de Quand Maurice Szafran se renverse le café sur la braguette. 

Pas de fin aux voyages

J’aurais eu envie de raconter l’histoire de cette photographie. Le seul problème, c’est qu’elle résume assez l’histoire de ma demie-vie (j’espère), celle des luttes, toutes (dehors/dedans), des interrogations face au monde, des curiosités jusqu’au boutistes, des conneries, aussi, parfois.
J’ai eu 39 ans il y a peu et ça m’a pris un moment.

Alors disons qu’après un exercice de combat, j’ai posé mon FAMAS pourri en position de sécurité (ce n’est pas celui au premier plan), mon casque, mon sac et je prends un peu de repos. Un pote m’interpelle et photographie quand je mets la main à la poche pour choper mes cigarettes. Je vais fumer couchée sur les feuilles mortes en attendant le signal du départ vers le campement du soir. C’est l’automne en Bretagne et je cherche qui je suis dans cette forêt.
J’étais enfant encore, je ne savais pas qu’il n’y a pas de fin aux voyages, que le mouvement est perpétuel et l’identité illusoire.

MVM

« There will be no order, only chaos. » (Paranoïa des rêves II)

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La chose, là, tout dedans,
Elle t’observe, elle se régale.
La fuite inutile. Tu la portes.
Elle te gobe, enfouie dans ton âme.
Sens-la.
Elle te vide.
Te trie.
Te dépèce.
T’avale.
T’anéantir.
La mort dans l’âme.

MVM

(Pi, citation et photo)

Le monde sauvage (paranoïa des rêves)

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Il court sur les terres inconnues.
Ce monde est lourd, il le sent dans les rêves d’échappées.
Il  traverse le monde sauvage.
Il court, il court, rapide et léger, il s’élève,
Le cœur accompagne le mouvement,
l’envol au-dessus des arbres.
Les poursuivants ne le prendront pas.
La concentration est le carburant. Maintenant, il les voit du ciel.
Il les sème un moment.

« Et faire face ? »
Ses mots déchirent le silence blanc.

MVM

(Centurion)

Éborgnée

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Tu es vivant mais le charognard te mange les yeux ?
Attrape-le, mord-le, crache-le.
Prépare-le, mange-le, chie-le.
Lave-toi à la rivière. Dehors. Dedans.
Ne deviens pas cette bête oculophage
qui passe son temps à bouffer les gens et leur filer la rage.

MVM

(Photo Le Guerrier Silencieux)

 

Il est parfois des exils plus profonds que la mort d'une femme, pense l'adulte face à la mer.
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(photo tirée du Guerrier Silencieux de Nicolas Winding Refn)
MVM

 

Actu : une fois n’est pas coutume, (ce) week-end dans le Beaujolais

Demain, nouveau voyage vers le Nord, direction Lyon et le Beaujolais pour une signature et un salon dans le cadre de la préface que j’ai écrite pour le deuxième roman de Marie-Hélène Branciard.

VENDREDI, je suis à Lyon, je n’ai rien à faire et il pleut. Soit.

SAMEDI , je serai là :

Rencontre & Dédicace avec Marie Van Moere pour Petite louve et Marie-Hélène Branciard pour #Jenaipasportéplainte, préfacé par Marie Van Moere
le samedi 19 novembre à partir de 10 h 30 
à la librairie Cassiopée.
Librairie Cassiopée
1 rue du Docteur Burdet
69620 le Bois D’Oingt
Tél. 04 72 38 20 44
librairiecassiopee.fr

Et DIMANCHE 20 novembre au 3ème salon des livres en Beaujolais, à Arnas :

Signature et  table ronde Vengeance et Polars (avec DOA, Catherine Bessonart, Gilles Caillot, Olivier Martinelli) à 14 h.

Seront présents, entre autres, Bernard Pivot le mythique, désormais serial twitteur, et la merveilleuse Kerry Hudson, Femina étranger 2015 pour LA COULEUR DE L’EAU.

Il y aura aussi DOA présent pour son dernier roman, PUKHTU SECUNDO.
DOA, c’est la machine de guerre au service du souffle littéraire. Amen.
Programme et accès, ici.

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Le 2ème roman, épisode x+1 : le pote au téléphone

DriiiIIIIIiing.
— Salut, Marie !
— Ouais, bonsoir mon chou, comment va la life ?
— Bien, bien, j’ai fini mon roman comme tu sais.
— Oui, félicitations, je t’envie. Tu as commencé la tournée des relecteurs, alors ?
— Naaaan, je sais que t’aimes pas ça, en plus. Te moque pas. Je l’ai juste fait lire à (biiiiiiiiiip).
— Ah oui, c’est bien, mais ne les multiplie pas. (message subliminal : je n’ai pas le temps)
— Bon, et toi, tu as terminé le tien ? (message subliminal : tu peux relire le mien ?)
— Toujours pas. (MS : pu$*£% de biiip de m**** , arrêtez de me poser la question, quand j’aurai terminé, ce sera l’apocalypse)
— Non mais kestufé ?!
(et, là, attention la métaphore filée)
— 
Suis pas une pisse-copie, mon chou, je produis un concentré d’ammoniaque, comme une vieille requine polaire. (MS : justification en mode provoc’ à deux balles)
— Pouah.
— Bon. (MS à moi-même : allez, l’est sympa, lui, déjà que je suis en froid avec la moitié de la ville) Et j’écris à côté aussi.
— Oui, j’ai vu ton reportage sur l’Islande. Au top.
— Combien de signes ?
— (nombre raisonnable à 6 chiffres)
— OK, envoie par mail, et invite-moi à déj’ à L’Altru Versu dans 15 jours. (MS : t’as gagné mais laisse-moi croire que tu crois que j’ai gagné)

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Lendemain de (dé)faite

« Jamais il ne devait passer :
– Il ne passera jamais. Hillary gagnera maintenant qu’ils ont dézingué Bernie.
Elle en était tellement sûre qu’elle ne s’en est pas préoccupée, même pas une seconde. Elle se contentait d’en sourire, blasée, se souvenant de photographies sur lesquelles Bill jouait au golf avec lui et Rudy de New York, ou d’Hillary faisant le V de la victoire devant un hélico avec des soldats irakiens peut-être, afghans ? Moyen-orientaux, en tout cas.  Elle déteste les hommes et femmes politiques, en règle générale et très souvent particulière. Finalement, les Amerloques avaient le choix entre la peste et le choléra, ils choisiront la peste, au moins c’est une femme, se disait-elle. Quelque part, quelque part, il y aura une avancée.

Hier matin, sa fille lui demande, ahurie devant les résultats d’une élection qui ne devait pas les concerner directement, du moins pas dans leur sphère intime, à elle et son enfant :
– Pourquoi c’est encore un homme qui gagne ? Je voulais Hillary !
– Parce que les Américaines ont voté pour lui, ma chérie. N’oublie jamais ça. Viens, on éteint Big Fat Motherfucker télé et on va se promener pour réfléchir à la suite. « 

MVM

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(Photographie Evelyn Bencicova Fête)