L’effet Shining (entrée en matière)

Samedi 5 mars 2016

(Arrivée la veille au soir au Grès Bas)
[…] Hier, Antoine me sert dans ses bras et me murmure :
« Ne pars pas, maman. »
Un arbre tombe.

[…] La lecture du tournage de Fitzcarraldo ne fait qu’accentuer mon état de sidération. Être de retour ici est un soulagement même si je crains toujours la perte de temps quand je l’ai et l’effet Shining. WH a déjeuné avec SK pendant le tournage de ce film, sur les lieux. Ils ont dû bien se marrer.

[…]Il fait frais dans la maison. Je suis enfermée dans le bureau, sur le gros tapis, un bain d’huile à droite. Que le temps s’arrête un moment.

[…] « Herzog = Duc. Nom d’emprunt en protection et Duc convient au métier (King Vidor). » Son vrai nom, c’est Stipetic. La mère a élevé seule ses deux fils.

[…] C’est la culpabilité sociale qui enchaîne les femmes. Une femme doit se libérer d’elle-même (2 sens).

Dimanche 6 mars

[…] Face à l’ampleur du travail par rapport à ce qui a pourtant déjà été fait, une seule chose : s’en tenir au plan, already. Un pas après l’autre.
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18.00, c’est donc ce qui a été fait ce jour. Réécriture du plan V1 et noté sur A4, scotché au galandage. Très bonne « vue » de la charpente et ses défauts.

[…]Le deuxième roman ne doit pas s’écrire dans une obsession extérieure.
Liste [d’obsessions extérieures] :
-plaire
-réussir
-être aimé
-mendier
-aimer
-haïr (très bon moteur avec la possession pourtant)
-mourir
-se libérer
-se venger
-dominer
-posséder
-se guérir
-s’enfuir
-écrire

Le deuxième roman s’écrit dans l’obsession de lui-même, de l’histoire à raconter. La manière de raconter l’histoire fait partie de ton style.

Lundi 7 mars

J’allais écrire l’obsession n’est pas la muse mais c’est sûrement une erreur. Trop rejeter un état entraîne la chute dans l’extrême trompeur. L’obsession serait une sorte de muse, un duende, une extase, bref, un état psychique fertile à l’acte créateur, mais non sa destination?
La destination est changeante et le mouvement perpétuel.
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Le chant des oiseaux. Ils savent avant nous la fin de l’hiver, bien sûr.

[…]Je saigne toujours du nez.

[…] Ivo fracasse un crâne à coups de chaise en fer forgé dans PL. Je vais garder cette scène au risque d’une redite. C’est une image qui me parle.

(Extraits de journal, mais tu l’avais compris.)

MVM

 

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