Le deuxième livre

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Après une semaine de travail intense sur la structure de mon deuxième roman, je ressemble vachement à ce petit dessin que tu vois en illustration plus bas. Crayonné en fin de séance de l’après-midi, il m’a permis d’évacuer les tensions de surface avant d’aller marcher (dans la neige) pour évacuer celles plus profondes et redonner l’oxygène nécessaire au bon fonctionnement de mon cerveau desséché par cinq heures de correction sous caféine.
Il faut dire que le deuxième livre, c’est quelque chose. Le piège du deuxième roman, tout le monde connaît (« redite du premier », « j’attends le troisième », quand le pauvre écrivain décrépit préfèrerait entendre « confirmation du style et de la naissance d’une nouvelle voix » , burp, burp…).
Le deuxième livre, pour moi, c’est celui des errements, des erreurs. Je ne sais pas comment j’ai trouvé le chemin vers le premier et, inconscient de la forêt noire qu’est l’écriture, j’ai oublié de semer les cailloux blancs. C’est très simple : par instinct de survie, mon cerveau a oublié qu’il avait travaillé comme un ours pour le premier, pour transformer un texte en roman, en roman personnel et publiable par un éditeur sérieux.
Je me dis que le premier m’a semblé plus simple parce que j’ai oublié la somme de travail qu’il a demandé (même si certains l’ont trouvé un peu trop court – gage qu’ils étaient accrochés). Je me dis que je ne travaille pas assez sur le deuxième parce que j’oublie la somme de travail qu’il demande et les deux bassines de fiches préparatoire passées à la poubelle. Cela dit, quand tu prépares trop, c’est que tu ne sais pas assez où tu vas.
Il y a un fait de certain : j’ai entamé l’écriture du deuxième livre à la publication en janvier 2014 de PETITE LOUVE, là fut ma première erreur. J’aurais dû attendre. Je pourrais aussi dire que j’aurais dû démonter mon arme et la nettoyer à fond avant de l’utiliser à nouveau. L’arme s’est enrayée. C’est en septembre 2015 que j’ai accepté ce fait et que j’ai tout démonté. Le livre était presque terminé mais la structure penchait.
Et, si tu n’es pas assez sage, tu veux faire du deuxième ton outrelivre. C’est bien, il faut vouloir faire toujours mieux (pas mieux que les autres – c’est un combat idiot et stérile, faire mieux pour soi). Mais le placer en outrelivre signifie que tu te laisses polluer par tous les grands livres que tu as lus, ceux que tu aurais voulu écrire. Et là, tu te perds dans la forêt noire sans toucher la queue d’une cerise. Tu te perds, tu t’y perds et tu dérégules ton écriture intime, ces règles personnelles que tu t’étais martelées dans le crâne lors de l’écriture du premier « long ». Si tu dérégules ton écriture, l’écriture étant l’ADN de ton art si je peux oser cette métaphore scientifique, c’est tout le squelette qui te rit au nez en cliquetant des os.
Tout le travail au long cours du deuxième livre réside dans la farouche stature de rester soi-même et de s’affirmer encore plus.
Je reviendrai ici sur ces « errements » et ces « erreurs » durant le mois de mars, mois guerrier, mois du blossoming.

MVM

 

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