La nouvelle : petit cœur palpitant de la littérature

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En France, l’opinion répandue à la lecture de nouvelles, quand elles sont bellezetbonnes, tourne autour de :
–c’est DIStrayaaaant mais DISpensaaaable– Quand je lis ça, je pense invariablement au cliché critique du suspense âleutant pour les thrillers.
Bref. On se passe de ces avis.
Pourquoi,  me direz-vous ? Parce que j’en écris et que les nouvelles sont un véritable labo d’expérimentation de la littérature. Primo.
Si je me place du point de vue de l’auteur ? Peut-être. Mais je suis fatiguée d’entendre qu’un roman est bon et sérieux juste parce qu’il compte plus de 500 pages. Le côté reconnaissance besogneuse me fatigue, genre « ce roman a demandé un max de boulot alors il est sérieux et par delà inattaquable ». Et très chiant, parfois. Oui, ça pue un peu le David contre Goliath. Tu sais qui gagne à la fin.
Secundo, la nouvelle, c’est un des cœurs vaillants de la polymorphe monstresse Litcheutcheu, comme l’essai pour la philo en quelque sorte. La nouvelle est reconnue presque partout. Il n’y a que chez nous, prétentieux Français, qu’elle tire la langue et que les lecteurs (et donc certains éditeurs) lui tirent la langue, à moins qu’elle fasse le voyage transatlantique. Je te recommande les superbes nouvelles d’Annie Proulx, de Big Jim Harrison – pleure, pleure – ou les merveilleux contes de nos enfances, l’Ancien Testament aussi, hein… Rien d’avant-gardiste, peut-être, une sorte de base de rappel. Je ne peux pas tout lire, ce n’est pas mon boulot. Dans le polar, tu en trouveras aussi beaucoup qui montrent comme les auteurs savent raconter une vraie histoire noire en faisant la nique au spectre de la mise en intrigue lourdingue.

La nouvelle est très adaptée au format numérique. La maison d’édition E-FRACTIONS en publie dans ce format (une des miennes, BUCKAROO, est présente au catalogue). E-FRACTIONS est en lutte constante pour la reconnaissance de la nouvelle littéraire et combative.

Amen.

Nouvelle et novella, je vous aime.

MVM

(Photo : Salma Hayek dévore le cœur du dragon dans Tale of tales)

 

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