Dialogue 1 – l’île éternelle et tempérée

– Quand c’est à la croisée des mondes que tu vis, à la croisée des espaces, des âges, tu deviens un témoin privilégié de la course. Puis tu lâches la corde d’amarrage et reprends la navigation vers d’inconnus rivages qui satisferont la curiosité. Un être humain qui vit avec un esquif dans ses courants sanguins ne peut s’immobiliser trop longtemps à la face de ses semblables sédentaires. Il y a des corps dont le besoin de voyage est insatiable. Ce qui, finalement, se révèle bien moins létal que le cri d’amour qui se perdrait en écho à la croisée des mondes.
– Mais l’éternel voyage n’est-il pas la quête de l’île éternelle et tempérée, l’île globale, la création parfaite, la matrice ?
– Les voyageurs n’ont pas le temps des causes et des conséquences, ils avancent.
– Et se découvrent dans la mort.
– L’unique découverte est dans la vie.

MVM

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