Archives pour la catégorie Le Gun : réflexions

Labo personnel.

L’analyse de nos fautes dans le cigare tordu de Lacan

J’ai beau écrire tous les jours, à certains moments, mon cerveau fatigué me trahit. Et il me feinte la plupart du temps en trois points précis, dans l’ordre décroissant de la fréquence de la trahison : Continuer la lecture de L’analyse de nos fautes dans le cigare tordu de Lacan 

Nick Cave dans le train de mes nuits

J’ai rêvé que je rencontrais Nick Cave dans un train de nuit. Le monde dormait et le train menait en douceur sa course du temps dans l’obscurité.

Bien entendu, Nick Cave est parfaitement mis dans un costume ajusté noir couleur du gouffre béant Continuer la lecture de Nick Cave dans le train de mes nuits 

Regarde Sam Shepard

Il n’y a pas d’âge pour être vieux.
Mais tu peux aussi choisir le printemps.
Regarde Sam Shepard,
tu es plus grise que lui.
Même pieds nus sur la route,
tu es plus grise que lui.
Tu prends trop de sentiers détournés,
parce que c’est difficile la ligne droite,
la simple
la directe,
la toute plate.
C’est difficile.
C’est ennuyeux.
Tes pieds veulent l’herbe, la pierre chaude et la rivière.
Tout le temps.
Prend la route, souffle la tête.
L’heure est à la route.
Au matin de la chute du corps,
Tu n’auras pas tout l’univers dans ton sac.

MVM

(crédit photo ?)

Faire tanière

Rester cachée, faire tanière, hiberner, survivre.
Puis,
Construire un radeau de feuilles et branchettes,
Le poser sur la rigole et
Souffler, délicatesse, exhaler,
Comme la mère expire en brise légère
Au front de l’enfant malade.

MVM

(Rescue Dawn, Werner Herzog)

« There will be no order, only chaos. » (Paranoïa des rêves II)

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La chose, là, tout dedans,
Elle t’observe, elle se régale.
La fuite inutile. Tu la portes.
Elle te gobe, enfouie dans ton âme.
Sens-la.
Elle te vide.
Te trie.
Te dépèce.
T’avale.
T’anéantir.
La mort dans l’âme.

MVM

(Pi, citation et photo)

Le monde sauvage (paranoïa des rêves)

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Il court sur les terres inconnues.
Ce monde est lourd, il le sent dans les rêves d’échappées.
Il  traverse le monde sauvage.
Il court, il court, rapide et léger, il s’élève,
Le cœur accompagne le mouvement,
l’envol au-dessus des arbres.
Les poursuivants ne le prendront pas.
La concentration est le carburant. Maintenant, il les voit du ciel.
Il les sème un moment.

« Et faire face ? »
Ses mots déchirent le silence blanc.

MVM

(Centurion)

Éborgnée

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Tu es vivant mais le charognard te mange les yeux ?
Attrape-le, mords-le, crache-le.
Prépare-le, mange-le, chie-le.
Lave-toi à la rivière. Dehors. Dedans.
Ne deviens pas cette bête oculophage
qui passe son temps à bouffer les gens et leur filer la rage.

MVM

(Photo Le Guerrier Silencieux)

 

Il est parfois des exils plus profonds que la mort d'une femme, pense l'adulte face à la mer.
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(photo tirée du Guerrier Silencieux de Nicolas Winding Refn)
MVM

 

Nina

Lasse, la tête contre la baie vitrée, le contact froid réveille son cerveau.
Nina médite sur le jour passé.
« Rien de bon.»
Nina remplit son verre et s’assoit au piano. Les notes basses vibrent dans son corps, le téléphone does not ring, ce soir. La musique dégage une chaleur factice parce que Nina joue en zombie.
Il lui a tout pris, même la rage, putain. La fierté, elle, s’est barrée avec sa jeunesse mais ça c’est secret entre elle et elle. Dieu aurait dû foutre la cicatrice de l’humiliation dans le dos. Au lieu de quoi, c’est marqué sur notre face et on la voit tous les matins, encore plus si on sourit, alors on fait la gueule et on ne regarde pas, on crée et on oublie son être.
Nina avale presque tout son whisky. Elle noie ses idées glauques dans l’épaisseur de l’alcool.
« Rien de bon ! »
Elle se serre du champagne dans le verre à long drink. Il restait un peu de whisky dedans. Elle rajoute des glaçons à moitié fondus à la main et s’essuie sur sa robe.
« De toute façon, la mélancolie, c’est comme la merde, ça flotte. Qui disait ça, encore ? Je vais m’enfiler tout ce skychamp, à la mienne, et la neige purifiera mon cerveau. I want a little sugar in my bowl. Oh so bad. »
Les yeux exorbités, elle geint plus qu’elle chante, balance ses talons à travers la pièce et grogne en sniffant deux lignes de coke.
Brouillée comme le ciel derrière la baie vitrée, elle fredonne :
« Il n’y a pas à dire, tu es seule mais la vue est belle, Nina. Nina, baby, he’s gone. Ramasse-toi, baby, c’est le chemin qui est comme ça. T’es pas une junkie, pas comme Billie, t’es une divaaaaaaaaaa, comme Mariaaaaaaaaaa. Ils ont peur. Elle est plus jeune et elle ne marchera pas sur sa baguette. It is what it is. T’es pas une junkie, pas comme Billie, t’es une divaaaaaaaaaa, comme Mariaaaaaaaaaa.»

MVM

Nina Simone, 1969.
Nina Simone, 1969, Getty images.

 

 

Nuées

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Dans les nuées explosent des chapelles de poussière, fondations grises en terre, flèches dans l’astral.

Les hautes tours sonnent l’hallali.
Têtes et regards se fixent au sommet des torchères.
Le matin s’effondre dans le concret enfer.
L’homme happe l’air puant et mâche de la cendre.

Les brises minérales se répandent sur l’humanité et les enfants s'évanouissent les premiers.

MVM

Photographie Sebastiao Salgado