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Dialogue 8 – Le chœur des jardineuses


– J’ai tout fait à l’envers, de la fin au début.
– Tant de mal pour si peu de bon, la nature du chemin.
– Ce qui est forgé tordu dès le premier coup jamais ne revient.
– Si tu n’as pas de conscience, tu n’auras aucune imagination.
– J’ai croisé tant de gens que mon cœur est un désert à chameaux.
– 
Une phrase à chacun et pour tous, je suis toi, tu es moi.
– …

( – Mouahahah ! Ma’aM, les Jardineuses dégobergent et déblatèrent.
 – Rigole, Tourniboule, mais il n’y a pas pire chieuses quand elles ne sont pas occupées à leur jardin. Cachons-nous et attendons leur départ.
– Et bigophoner les Gornickeur ?
– Pour qu’ils se battent tous ? Nan. J’en ai ma claque d’éponger du cerveau.)

MVM

Dialogue 7 – Bloody coffee


– Pardon mais j’en ai deux là qui voudraient du boulot, un nouveau sujet de recherches, des fiches, quelque chose.
– Et moi j’aurais voulu finir mieux et plus tôt alors chacun sa croix, je suis en vacances du circolologrocervo comme dirait Tourniboule à Ma’aM.
– On leur offre le café quand même ?
– Oui. Dehors.
– J’aime votre sens de l’hospitalité, ce matin.
– Tu peux sortir aussi.
– Vous penserez à référencer les films ?
– Hein ?
– Non, rien. Venez, les Bricodouilles.

MVM

Dialogue 6 – Le circolologrocervo

– Ma’aM, vous et moi unico circolologrocervo. C’était bien bigorné, ‘spa ?
– Oui, Tourniboule. Je ne te répondrais pas, sinon.
– Avec les Gornickeur de genre et nom et les Jardineuses de nature et fonction.
– Nous vivons tous ensemble.
– Dedans Miss VM ?
– Oui, mais il ne faut pas le dire, Tourniboule. C’est notre secret à tous. Ne jamais la citer.
– Ah, mazette.
– Notre secret à nous et ceux qui ne l’ont pas compris croient seulement la connaître.
– Et elle, c’est entendu dans son obarasse internée.
– Elle pense avoir la chanson mais elle ne porte que la mesure.
– J’entrave bien quand vous piapiatez comme moi, Ma’aM.
– Alors sifflotons ensemble, Tourniboule.

MVM

Dialogue 5 – Ma’aM, Tourniboule, les Gornickeurs vs les Jardineuses

– Ma’aM ! Ma’aM ! Les Gornickeur se pointent chez les Jardineuses ! Ils veulent les métamuter en compost toured et glupaissant !
– Tourniboule, tu sais bien que c’est sans fin, comme le jour, la nuit, le temps qui passe.
– Et trespass.
– Voilà. Qu’ils se battent, donc.
– Mais j’entrave bien les Jardineuses, elles sont souitidolchégoûtuezen.
– Les lames de leurs outils sont bien affûtées. Et les Gornickeur sont méchants et rigolos.
– C’est richt.
– Alors, tiens, bois ton café et regardons le fight.

MVM

Dialogue 4 – réinjection


– Tu devrais la laisser tranquille, elle se repose.
– Non, ça suffit les fleurs et la philosophie de fin de règne. Elle va tous nous tuer si on la laisse faire.
– Attention quand même, si tu lui en balances trop, elle risque de verser dans le gore pour le prochain.
– Ce sera toujours mieux que s’ennuyer à regarder pousser les arbres.

MVM

Dialogue 3 – la réponse est dans le ciel

– Combien de fois me suis-je trompée ?
– Tu me fatigues.
– À propos des choses les plus anodines. Combien de fois et surtout à partir de quel âge ?
– Sûr que bébé c’est difficile de se planter.
– Les parents nous ont trompées.
– On a dit qu’on ne parlait pas de ça.
– Ce gars quand on avait cinq ans.
– Ça non plus.
– Donc, les choses anodines.
– Voilà, tu as compris.
– Parce qu’un chien ne mordra pas deux fois.
– À moins de se laisser mordre.
– Et pourquoi ferait-on cela ?
– Parce qu’on ne croit pas à la laideur du monde.
– Si, justement.
– C’est comme un diptyque. Un pan pour le laid, un pour le beau.
– On le ferme autour de l’axe du monde et ils s’embrassent.
– Il recrée l’univers.
– Je me croyais en vacances.
– Moi aussi.
(La réponse est dans le ciel.
Autant qu’il y aura d’oiseaux et de pendus.)

MVM

Dialogue 2 – en attendant le post-apo

– Quand je pense à tout ce qu’on laisse derrière soi.
– De quoi tu parles ? Il n’y aura rien ensuite, peut-être même avant. L’orgueil aussi s’envolera avec nous.
– Tu philosophes trop, ma poule. Il y a les enfants, les livres écrits, les baleines qui dansent et la beauté du monde.
– Au rythme où vont les choses, nous allons rendre cette terre stérile, comme dans les bouquins post-apo. À moins qu’une météorite décide de croiser notre corps céleste, ou que tous les volcans d’Islande pètent en chœur. En attendant, une valeur financière fluctuante sera donnée aux espèces en fonction de leur capacité à survivre, Monsanto va tuer les abeilles, les fleurs deviendront poussière et plus aucun enfant ne pourra souffler sur un pissenlit.
– Peut-être. Bon, rentre chez toi.
– Pourquoi ? T’as un nouveau truc bien gluant à écrire.
– Plus tard. Pour l’instant, je vais planter un arbre et des fleurs justement.
– Ah, OK, mémé, n’oublie pas le thé à cinq heures. Avec du bourbon.
– Tu connais le chemin.

MVM

Dialogue 1 – l’île éternelle et tempérée

– Quand c’est à la croisée des mondes que tu vis, à la croisée des espaces, des âges, tu deviens un témoin privilégié de la course. Puis tu lâches la corde d’amarrage et reprends la navigation vers d’inconnus rivages qui satisferont la curiosité. Un être humain qui vit avec un esquif dans ses courants sanguins ne peut s’immobiliser trop longtemps à la face de ses semblables sédentaires. Il y a des corps dont le besoin de voyage est insatiable. Ce qui, finalement, se révèle bien moins létal que le cri d’amour qui se perdrait en écho à la croisée des mondes.
– Mais l’éternel voyage n’est-il pas la quête de l’île éternelle et tempérée, l’île globale, la création parfaite, la matrice ?
– Les voyageurs n’ont pas le temps des causes et des conséquences, ils avancent.
– Et se découvrent dans la mort.
– L’unique découverte est dans la vie.

MVM

We never sleep – Stephen King


« Hodges a lu quelque part qu’IL Y A DES PUITS SI PROFONDS EN ISLANDE Continuer la lecture de We never sleep – Stephen King 

Le dead train repasse toujours

Numéro 2 étant sur les bons rails (touch wood) , et la suite bien amorcée (en espérant être un peu plus rapide à l’avenir – quoi que, je suis « dans l’écriture, pas le bâtiment » comme m’a glissé mon éditeur chéri) je fais une pause Internet et toutes (ou presque) connexions reliées à un fil électrique.
Ne bouge pas, je reviens dans un moment. Le dead train repasse toujours.

MVM


(Illustration Ken Taylor)