Archives mensuelles : juin 2016

vampire-ii-1902

Je n’ai pas l’intention de ne raconter que ce que je vis. Tôt ou tard, des forces cachées se révèleront, deviendront primordiales.

Edvard Munch

(Vampire II, 1902)

PETITE LOUVE (et moi) à Marseille pour le 13ème prix marseillais du polar le samedi 18 juin

PETITE LOUVE est paru en 2014 à La Manufacture de Livres et en 2015 chez Pocket. Ce livre, il m’a pris trois ans. Il est court, âpre, violent et plein de sang, celui de la mort et celui du blossoming. C’est sûr que quand Gilles Del Pappas te téléphone pour te dire que ton roman est sélectionné pour le 13ème prix marseillais du polar tu es bien contente pour lui (pour le roman, je veux dire). PETITE LOUVE s’accroche. Ce ne serait pas arrivé si Anouk Langaney, qui a remporté la 12ème édition avec son roman MÊME PAS MORTE paru en 2014 chez Albiana, ne m’avait pas tannée afin que j’envoie mon livre à Del Pappas.

PETITE LOUVE est bien vieux si on suit la relative rapidité de vie et de mort des titres qui paraissent aujourd’hui. Avec cette sélection, le livre vit encore, deux ans et un an après parution GF et poche.

Il fait son chemin à petits pas, sans grande visibilité, mais il avance toujours. Pendant ce temps, je continue d’écrire le deuxième.

L’événement, les plaidoiries, l’annonce du roman vainqueur et les dédicaces se feront au Conservatoire Carli demain après-midi. Toutes les infos en lien supra.

Mon avocate, maître Ashkhen Harutyunyan, et moi, on y va à l’agachon !

DPPOLARcouv2016

 

Muhammad Ali au paradis

458588-26
« L’homme qui n’a pas d’imagination a les pieds sur terre mais il ne peut pas s’envoler. »

Thomas Hoepker, Muhammad Ali, Formerly Cassius Clay, Jumping from a Bridge over the Chicago River, 1966

 

Mohamed Ali chez Pivot

Mohamed Ali a fait Apostrophes. Il s’est trouvé assis avec Bernard Pivot face à une ‘certaine’ intelligentsia. La classe de Mohamed Ali, sa grandeur associée à l’humilité du boxeur – il faut être humble pour être capable de boxer et de se prendre de vrais coups dans la gueule- se passe de commentaires.
« L’homme qui n’a pas d’imagination a les pieds sur terre mais il ne peut pas s’envoler. »
https://www.youtube.com/watch?v=tU7kqv4MHK8

Le chef de chantier (solitude urbaine)

245966072
Il doit contourner le chantier pour atteindre l’immeuble de la psychiatre à deux rues de chez lui. L’autre fois, il a vu un gros gars qui sortait du chantier, un gros gars tout noir avec un porte-voix. Le chef de chantier, sûrement. Étrangeté. Il s’est demandé si les grands patrons à millions ne fournissaient pas de systèmes radio pour accélérer la communication, la rendre efficace, au plus près de l’oreille assiégée par l’enfer des engins, le but étant de réduire le temps de construction, de réduire les coûts, quitte à faciliter le travail des ouvriers. Et le temps d’imaginer le chef de chantier transmettre les ordres par ce porte-voix au moment même où les engins stopperaient net leur vacarme, posant les ordres du chef de chantier sur le socle du silence en écho, il était arrivé.

Rendez-vous à dix heures avec la psychiatre, que partager d’utile dans le boucan? C’est vide dedans et il n’a rien à en dire.  A se demander si ce n’est pas pour ça qu’il doit y aller. Et elle de lui faire croire qu’elle prend sa part de paroles. Quand on partage, on n’est pas tout seul à discuter. Il préfèrerait partager un café avec le chef de chantier, l’entendre lui raconter l’avancée des travaux, les difficultés, les accidents, la solidarité entre les hommes. Il n’y a pas de femmes sur un chantier.
Longer la chaussée, marcher entre elle et le trottoir, sur la crête urbaine. Virer.  Attendre. Stationner devant la porte cochère de la psychiatre. Rebrousser chemin jusqu’à la porte plastique, son cadenas ouvert et l’affiche permis de construire.

– Ouais ?
– J’pourrais voir le chef de chantier ?
– C’est pour quoi ?
– Vous savez s’il utilise un système de radiophonie pour communiquer ?
– Hein ?
– Avec quoi il vous parle sans se déplacer, il utilise une radio ou son porte-voix ?
– Un téléphone portable, mon pote.
– La dernière fois, je l’ai vu avec un porte-voix.
– Bon, c’était le fantôme du chantier, alors.

L’ouvrier casqué au gilet orange se marre et referme la porte.
S’assoir sur un banc et attendre le chef de chantier.
Il viendra avec son porte-voix.

MVM

(Illustration Richard Downs,  Man #157 , 2011)